HOMMAGE AUX HÉROS DU CHABERTON
Dans les heures sombres de juin 1940, alors que la France traverse l’une des plus grandes épreuves de son histoire, l’Armée des Alpes, placée sous le commandement du général René Olry, demeure debout face à l’offensive italienne.
Au sommet du mont Chaberton, à 3 131 mètres d’altitude, se dresse alors une forteresse considérée comme presque invulnérable : le fort du Chaberton, surnommé le cuirassé des nuages . Ses huit tourelles, armées de canons de 149 mm, menacent directement Briançon et les positions françaises.
Pour répondre à cette menace, quatre puissants mortiers Schneider de 280 mm modèle 1914 sont installés à l’Eyrette et au Poët-Morand, hors de la vue de l’adversaire. Leur commandement est confié au lieutenant d’artillerie André Miguet, polytechnicien de la promotion 1931, officier remarquable par son intelligence, son sang-froid et sa maîtrise scientifique.
La mission paraît presque impossible.
Le fort se trouve à une distance de 9 à 10 kilomètres, entre 900 et 1 200 mètres plus haut que les positions françaises. Les obus doivent suivre une trajectoire courbe culminant à près de 5 000 mètres, avec environ une minute de vol avant d’atteindre leur objectif. À de telles altitudes, les tables de tir habituelles ne suffisent plus : les calculs doivent être adaptés et chaque correction dépend des observations transmises depuis les positions françaises.
Le 21 juin 1940, malgré la brume, le froid et les difficultés extrêmes du terrain, le lieutenant André Miguet et ses artilleurs ouvrent le feu.
A 17 h 15, après plusieurs réglages minutieux, un premier obus atteint sa cible et détruit la tourelle T1. Les tirs français se poursuivent avec une précision exceptionnelle. Les tourelles T2, T3, T4, T5 et T6 sont successivement mises hors de combat ou gravement endommagées.
Sur une centaine de projectiles tirés, 57 atteignent leur objectif : une performance remarquable, obtenue dans des conditions de tir inédites. Les deux dernières tourelles, bien que demeurées intactes, ne jouent plus qu’un rôle très limité. La menace qui pesait sur Briançon est ainsi neutralisée.
Cet exploit n’est pas seulement celui d’une arme puissante. Il est avant tout celui d’hommes courageux, disciplinés et déterminés, capables d’unir la science, la précision et la volonté au service de la France.
Il témoigne également de la clairvoyance et de la fermeté du général René Olry, commandant l’Armée des Alpes. Malgré l’effondrement du front dans d’autres régions, ses troupes résistent avec succès et empêchent l’armée italienne d’obtenir la victoire espérée dans les Alpes.
Du 21 au 25 juin 1940, les soldats français défendent leurs positions avec honneur. Leur résistance démontre qu’au cœur même de la défaite nationale, le courage, la compétence et l’esprit de sacrifice demeurent intacts.
A travers cette affiche, le Mémorial Jean-Claude BERNARDET souhaite rendre un hommage solennel au lieutenant André Miguet, au général René Olry, aux artilleurs du 154ᵉ régiment d’artillerie de position ainsi qu’à tous les combattants de l’Armée des Alpes.
Nous saluons la mémoire de ces hommes qui, dans le froid et les hauteurs du Chaberton, ont servi leur pays avec courage, fidélité et abnégation.
Leur exploit appartient à notre histoire.
Leur courage appartient à la France.
Leur souvenir doit continuer à vivre et à être transmis aux générations présentes et futures.
Honneur au lieutenant André Miguet et à ses artilleurs.
Honneur au général René Olry et à l’Armée des Alpes.
Honneur à tous les soldats de France.
Souvenir, respect et reconnaissance éternelle.
Ne jamais oublier !
Le Mémorial Jean-Claude BERNARDET