HOMMAGE AUX HOMMES DU 25e RÉGIMENT DE TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS
CHASSELAY 19 ET 20 JUIN 1940
COMBATTANTS HÉROÏQUES VICTIMES D’UN CRIME DE GUERRE
Par cette publication, le Mémorial Jean-Claude BERNARDET souhaite rendre un hommage solennel aux hommes du 25e Régiment de tirailleurs sénégalais, qui combattirent héroïquement pour défendre la France au cours des journées tragiques des 19 et 20 juin 1940.
L’appellation historique de tirailleurs sénégalais désignait alors des soldats recrutés dans plusieurs territoires de l’Afrique occidentale française. Venus notamment du Sénégal, du Soudan français, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, du Dahomey et de la Haute Volta, ils avaient quitté leur terre natale et leurs familles pour servir sous le drapeau français.
En juin 1940, tandis que les armées allemandes progressaient rapidement vers le sud, le 25e Régiment de tirailleurs sénégalais reçut pour mission de défendre les accès de Lyon.
Sans avoir été informés que la ville venait d’être déclarée « ville ouverte », ses hommes prirent position dans le secteur de Chasselay, des Chères et du château de Montluzin. Durant deux journées, ils affrontèrent des forces allemandes très supérieures en nombre et en moyens, disposant notamment d’artillerie, de blindés et d’un important soutien militaire.
Au château de Montluzin, la 3e compagnie du 25e RTS, commandée par le capitaine Gouzy, opposa une résistance particulièrement farouche. Encerclés et soumis aux attaques répétées de l’ennemi, les tirailleurs et leurs officiers tinrent leurs positions avec une détermination admirable.
Malgré l’épuisement, le manque de munitions et la puissance des forces adverses, ils refusèrent de céder tant que le combat demeurait possible. Leur conduite exemplaire valut à la compagnie une citation à l’ordre de l’Armée, saluant ses très hautes qualités militaires et son héroïsme poussé jusqu’au sacrifice.
Mais après les combats vint l’horreur.
Le 20 juin 1940, plusieurs dizaines de tirailleurs faits prisonniers furent volontairement séparés de leurs camarades européens. Désarmés et sans défense, ils furent conduits à l’écart, notamment dans le secteur du lieu-dit du Vide-Sac.
Ils furent alors froidement massacrés par les troupes allemandes. Certains furent abattus à la mitrailleuse et les corps de plusieurs victimes furent ensuite écrasés par des blindés. D’autres tirailleurs, dispersés dans la campagne et recherchés pendant les jours suivants, furent également capturés et assassinés.
Ces hommes ne furent pas tués au cours d’un affrontement régulier. Ils furent exécutés après leur reddition uniquement parce qu’ils étaient des soldats africains. Ce massacre constitue un crime de guerre directement nourri par le racisme et l’idéologie de l’Allemagne nazie.
Face à cette barbarie, les habitants de Chasselay et des communes voisines firent preuve d’un courage et d’une humanité remarquables. Certains cachèrent, soignèrent ou tentèrent de protéger les survivants. D’autres recueillirent les dépouilles et procédèrent à leur inhumation, refusant que ces soldats morts pour la France soient abandonnés ou privés de sépulture.
Sous l’impulsion de Jean Marchiani, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, une nécropole fut ensuite édifiée afin de rassembler dignement les corps des soldats africains tombés dans la région.
Inauguré le 8 novembre 1942, le Tata sénégalais de Chasselay fut construit dans un style inspiré de l’architecture traditionnelle soudanaise. Ses murs de couleur ocre, ses tours surmontées de pieux et ses nombreuses stèles rappellent les terres africaines dont étaient originaires les combattants.
Lors de son inauguration, de la terre venue de Dakar fut symboliquement mêlée à la terre de France. Ce geste exprimait l’union, dans une même sépulture et une même mémoire, de l’Afrique et de la France.
Devenu nécropole nationale, le Tata de Chasselay veille aujourd’hui sur les tombes de près de deux cents combattants. Certaines portent encore la mention « Inconnu », rappelant que derrière chaque uniforme se trouvait un homme, une famille, une histoire et une espérance brutalement interrompue.
Le drapeau tricolore qui flotte au centre de la nécropole témoigne de la reconnaissance de la Nation envers ces soldats venus de loin pour défendre une terre qui n’était pas la leur, mais pour laquelle ils acceptèrent de combattre jusqu’au sacrifice suprême.
Nous n’oublions ni leur courage, ni leur fidélité, ni les souffrances qu’ils endurèrent.
Nous n’oublions pas davantage leurs officiers, leurs sous-officiers et leurs frères d’armes, qui partagèrent les combats et tentèrent parfois de s’interposer pour les protéger.
A travers cet hommage, le Mémorial Jean-Claude BERNARDET souhaite rappeler que ces tirailleurs appartiennent pleinement à l’histoire militaire et à la mémoire nationale de notre pays.
Leur sacrifice nous oblige.
Leurs noms, leurs visages et leur courage doivent continuer d’être transmis aux jeunes générations afin que nul n’oublie ce qui s’est déroulé à Chasselay les 19 et 20 juin 1940.
Honneur aux hommes du 25e Régiment de tirailleurs sénégalais.
Honneur à tous les combattants africains tombés pour la libération et la défense de la France.
Respect aux habitants qui recueillirent leurs dépouilles et préservèrent leur mémoire.
Gloire à ces soldats morts pour la France.
A jamais dans la mémoire de la Nation.
SE SOUVENIR HONORER NE JAMAIS OUBLIER
Mémorial Jean-Claude BERNARDET